soumis par admin le 4/02/2012
le renouveau L'opinion L'opinion : 04 - 02 - 2012
Depuis son épanouissement des années 50 avec ANTHONY MANN, DELMER DAVES, JOHN STURGES, BUDD BOETTECHER, ROBERT ALDRICH, NOCOLAS RAY, le western a semblé marquer le pas. On pouvait avoir l'impression que les sources d'inspiration se tarissaient et que le genre était moribond, d'aucun n'hésitant pas à présenter le western italien comme le continuateur d'une production américaine désormais tarie. De fait, en 1962 et 1963, sept westerns seulement furent exportés ce qui indiquait nettement une baisse quantitative appréciable. L'erreur critique la plus fréquente fut d'assimiler cette diminution sensible du nombre des westerns à un effondrement parallèle de la valeur qualitative des oeuvres. On annonçait la fin prochaine du western alors que celui-ci connaissait simplement une période de mutation. La meilleure preuve en était dans l'apparition, au coeur de cette période d'étiage, d'un film qui ne fut ressenti que comme une heureuse exception alors qu'il portait en germe bien des caractéristiques du nouveau western : « COUPS DE FEU DANS LA SIERRA « de SAM PECKINPAH.
Depuis quelque temps , la situation est décantée. Il devient désormais possible de saisir les principales articulations d'un renouveau clairement perceptible. Il devient possible de tenter un premier bilan sur ce que le western est devenu en quelques années de mutation et d'enrichissement. Le recul est modeste mais au-delà des analyses conduites film après film selon les caprices de la distribution, une tentative de synthèse peut être formulée.
Au-delà de la production de série, dont il ne faut pas systématiquement sous-estimer l'intérêt, un certain nombre de nouveaux réalisateurs ont apporté au western des éléments dont on mesure mieux la signification lors de rétrospectives consacrées à l'histoire du genre. Sous l'impulsion d'historiens, il fut possible de mettre en lumière un certain nombre de constantes dans l'histoire du western, l'évolution des thèmes, les relations entre le western et l'Amérique et ce pour saisir pleinement ce que représentent des films comme « WILL PENNY LE SOLITAIRE « (1968), rien de plus utile que de revoir « LA CARAVANE VERS L'OUEST « (1922) de JAMES CRUZE , « LE CHEVAL DE FER « (1924) de JOHN FORD ou même « LE GRAND PASSAGE « (1939) de KING VIDOR et « BUFFALO BILL « (1944) de WILLIAM WELLMAN.
En quelques années, le western s'est considérablement renouvelé. L'ordre de ses préoccupations s'est élargi au point de ne plus être la simple exaltation sans cesse reprise de la conquête de l'Ouest, mais plutôt une tentative de reconsidération critique de la civilisation américaine. Cette évolution est le résultat de facteurs qui relèvent de la transformation interne du genre et de nouvelle manière qu'ont un certain nombre d'artistes de poser la question de leurs rapports avec les problèmes de leurs pays. L'évolution du western est un phénomène complexe dans la mesure où l'articulation entre le film et le milieu culturel dont il est issu perd son caractère de relation sur la base d'un archétype simple et prend une signification de plus en plus diversifiée.
Parler du nouveau western, avec ce que peut avoir de schématique une appellation que nous ne retenons que pour une question de commodité, c'est affirmer l'existence d'une production nouvelle par rapport à des oeuvres traditionnelles. L'originalité des films postérieurs est d'ailleurs telle qu'elle a influencé des hommes aux caractéristiques stylistiques aussi définies que GORDON DOUGLAS ou HENRY HATHAWAY : « BARQUERO « ou « CENT DOLLARS POUR UN SHERIFF « ne sont pas pensables sans la référence à des oeuvres comme « COUPS DE FEU DANS LA SIERRA « ou « LA HORDE SAUVAGE «.
Lorsqu'en 1957, ARTHUR PENN essayait de tourner un film non pas sur l'Ouest, mais sur un Ouest, lorsqu'il tentait de faire oeuvre originale en dépit de la modestie de ses moyens, il inaugurait une tentative de reconsidération de l'Ouest et de ses mythes qui allait s'enrichir quelques années plus tard dans des oeuvres apparemment fort éloignées du «GAUCHER«. PENN annonce donc une génération de cinéastes qui va décaper le western traditionnel de la plupart de ses conventions. Parmi ceux-ci, tous ne sont pas à mettre sur le même plan. Sans doute faut-il voir dans SAM PECKINPAH le cinéaste qui a le plus contribué à l'élargissement du western. Qu'il s'agisse de la fin de l'Ouest, de la reconsidération réaliste ou fantastique du genre, de la nouvelle vision des hommes saisis dans leur vérité quotidienne, chaque fois le nom de PECKINPAH revient sous la plume. Il est d'ailleurs le seul des auteurs de premier plan à avoir réalisé plusieurs westerns, ce qui permet , à son propos , de parler avec des éléments d'appréciation multiples.
L'importance de PECKINPAH ne réduit pas pour autant l'apport d'hommes dont l'inspiration recoupe parfois celle de l'auteur de « COUPS DE FEU DANS LA SIERRA «, « MAJOR DUNDEE « ou « LA HORDE SAUVAGE «. MONTE HELLMAN , TOM GRIES, SYDNEY POLLACK, GEORGE ROY HILL, ROBERT MULLIGAN , ABRAHAM POLANSKY , appartiennent sans doute au groupe des metteurs en scène les plus originaux .
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