soumis par admin le 17/02/2012
Le Maroc invité à la table de l'Europe Un protocole à l'accord d'association adopté le 14 février Le Royaume admis aux programmes des agences spécialisées de l'Union A G L'Economiste : 16 - 02 - 2012
Douane, énergie, santé, transport, climat des affaires, protection du consommateur…
Une étape décisive dans les relations Maroc- UE vient d'être franchie. Elle tient à l'approbation, mardi dernier, par le Parlement européen du protocole autorisant le Maroc à participer aux programmes actuels et futurs de l'Union. «C'est un pas vers une intégration progressive du Royaume dans le marché communautaire», commente le commissaire à l'Elargissement et à la Politique européenne de voisinage, Stefan Füle. En parfaite adéquation avec la nouvelle politique de voisinage, le protocole constitue un «soutien aux réformes politiques, économiques et sociales engagées par le Maroc», considèrent les eurodéputés.
Ce protocole implique la pleine participation de Rabat à sept programmes de l'Union. Il s'agit notamment de la douane, de l'énergie, du climat des affaires, de la politique des technologies de l'information, de la protection du consommateur, de la gestion du trafic aérien, de la recherche scientifique et de la santé. Cela implique donc, pour tous ces domaines, la mise en œuvre et l'accélération de l'acquis communautaire dans la législation et la réglementation marocaines. On peut imaginer par exemple l'intégration totale du Maroc dans le dispositif Euro-contrôle pour ce qui concerne la régulation du trafic aérien.
Dans tous les cas, cette participation se fera dans le cadre des instances de l'Union et de ses agences spécialisées. C'est le cas de la politique de convergences des réglementations et des normes avec la Communauté. Autrement dit, le Maroc va entrer de plain-pied dans la mise en œuvre du «Statut avancé».
D'ailleurs, c'est dans ce cadre que le Conseil d'association Maroc-UE avait adopté, le 13 octobre 2008, un document conjoint sur le renforcement des relations bilatérales. Ce document entérine les objectifs du Statut avancé accordé au Maroc. Objectifs qui s'articulent autour d'une meilleure prise en compte des priorités stratégiques des deux parties et d'une intégration progressive du Maroc au marché de l'Union. Plus de trois ans se sont donc écoulés avant la traduction de ce document en protocole. Qu'est-ce qui a motivé la décision du Parlement européen en cette conjoncture précise? Laquelle reste marquée par le vote du protocole d'accord agricole et du lancement d'un nouveau mandat de négociation de l'accord de pêche maritime. «Les changements profonds que connaît la rive sud de la Méditerranée interpellent l'UE à soutenir davantage les attentes des peuples dès lors qu'elles sont portées par leurs dirigeants», répond un observateur.
Dans le cas du Maroc, le Statut avancé étend désormais le champ de la coopération bilatérale à des domaines qui n'étaient pas envisagés par l'Accord d'association. Tout particulièrement le transfert de l'acquis communautaire. Le Statut avancé consacre cette option stratégique dont «la concrétisation sera appuyée par un soutien financier approprié. Auparavant, le dialogue politique et stratégique a été bien instauré à la faveur de sommets bilatéraux et d'autres cadres de rencontres ad hoc. Ce qui n'a pas manqué d'approfondir la coopération économique et financière entre les deux parties.
Accord de pêche: Nouveau mandat de négociation
Le Conseil de l'Union européenne a adopté, mardi dernier, un nouveau mandat de renégociation du protocole de pêche avec le Maroc. Cette décision, qui devait initialement être entérinée par le Conseil des ministres de l'Agriculture et de la pêche, a été prise lors d'une réunion des ministres de l'Energie. Et pour cause! L'urgence de la question. Depuis le rejet par le Parlement européen en décembre 2011 de l'ancien protocole, l'Union a dû débourser des indemnités colossales notamment aux pêcheurs espagnols qui représentent la majeure partie de la flotte opérant dans les eaux territoriales marocaines. Indemnisations qui restent toutefois limitées dans le temps: six mois. D'où les démarches entreprises au plus haut niveau par le chef du gouvernement espagnol qui a consacré son premier déplacement au Maroc. A tel point que certains milieux professionnels n'écartaient pas la possibilité de la conclusion d'une convention bilatérale autorisant une partie de la flotte espagnole à revenir au Maroc. Surtout que pareille dérogation a été accordée par le passé.
A l'heure où nous mettions sous presse, le gouvernement n'avait pas encore réagi à l'annonce de ce mandat.
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