Rouicha, vedette posthume du SIEL | Le Soir-echos
Posted by admin on February 15, 2012
Le Soir Echos
Le Soir Echos : 14 – 02 – 2012
La mémoire de Rouicha était au centre d’une conférence organisée le vendredi 10 janvier au Salon international de l’édition et du livre de Casablanca. Cet artiste, décédé le 17 janvier 2012 à Khénifra, sa contrée natale, a été ressuscité le temps d’une rencontre hommage. Plusieurs de ses amis étaient là pour des témoignages. Fatema Boukhriss, la spécialiste de la langue amazighe et professeur à l’université Mohammed V de Rabat est revenue sur les traces de ce chanteur aux multiples surnoms. Mais son vrai nom n’est autre que Mohamed El Houari. « Mohamed Rouicha était réputé pour son mélange des styles de musiques amazighes. D’ailleurs Roui signifie mélange et Cha, un peu », explique cette enseigante-chercheuse. Le chercheur Said Kaissi nous apprendra pour sa part que Rouicha était également surnommé Mohamed El Hindi, allusion faite à son amour pour la musique indienne. Son maître était l’artiste et compositeur Mohamed Alaoui. « Ce dernier a découvert son génie alors que l’artiste était âgé d’à peine treize ans Il a été ensuite son professeur entre 1963 et 1964 au Conservatoire de musique de Rabat ».,rappelle Fatima Boukhriss.
Humanité
Cette rencontre en clôture de la première journée de conférences du Salon du livre était l’occasion de se rappeler la vie, l’œuvre et l’humanité de Mohamed Rouicha en présence de son musicien Ouled Ouhoumouche et de son fils Ahmad Allah. Le spécialiste de la culture populaire Said Yaqtine, le journaliste et modérateur de la conférence Houcine El Amrani et Said El Kaissi pensent à la préservation de sa mémoire. Concrètement, Said Yaqtine propose la mise en place d’un concours de l’outar avec, pour récompense, un prix Mohamed Rouicha et un site web qui répertorie l’ensemble de son œuvre, ses chansons, ses poèmes. « On dit souvent des Marocains qu’ils n’ont pas de mémoire «. Nous voulons prouver le contraire», lance Said Yaqtine. Le journaliste Houcine El Amrani révèle quant à lui que la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) va peut être parrainer le projet de la création d’une fondation Mohamed Rouicha. Un comité de pilotage du projet est en cours de création. « Nous avons proposé à la CDG d’aider au financement et au montage de cette institution qui aura comme objectif de sauvegarder le patrimoine de ce grand artiste », confie le modérateur dans des propos au Soir échos.
Une association en vue
Avant de valider le projet, le bailleur de fond potentiel a exigé la création d’une association qui sera à la fois le pilier de cette fondation et son interlocuteur. « Nous sommes en train de créer un cercle restreint pour cette association avec son fils », nous précise notre interlocuteur. Ahmed Allah Rouicha suit les traces de son père. Présent ce jour là, les larmes aux yeux, il a tout fait pour ne pas s’effondrer devant le public. Il a même fait l’effort de réciter quelques poèmes de son père. Il révèle aussi, très ému : « En plus d’être mon père, je le considérais comme un ami. Il y avait une grande complicité entre nous ». Une complicité dont la mémoire est appelée à survivre. Pourvu que l’accompagnement promis se traduise dans les faits.◆
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